jeudi 11 février 2016

Bingo - spectacle Blaise Cendrars - critique




Bingo se joue tous les jours à la caserne des Pompiers à Avignon, festival OFF. C'est à 11h 45.... La pièce a beaucoup évolué depuis ce que j'en écrivais en novembre. C'est beaucoup plus souple, plus jouissif.. un  vrai régal....



 
Vendredi, j'étais à Rethel pour l'ouverture du festival du conte, en l'occurrence avec Bingo, le nouveau spectacle de Pascal Thétard du Collectif Eutectic. La mise en scène a été assurée par Raynal Flory.
Le spectacle est conçu autour du recueil de contes de Blaise Cendrars "anthologie nègre", qui a été édité sous divers titres, et du recueil de poésie "Du monde entier" "au cœur du monde" . 
Pascal Thétard est un conteur de talent et un lecteur reconnu et apprécié. Il propose ici une alliance de ses deux passions : le conte et la poésie. 
Pourtant Bingo n'a rien de commun ni avec une racontée traditionnelle, ni avec un récital de poésie. 
Dans un univers coloré, composé exclusivement de lumières et de projections d'effets en noir et blanc en fond de scène, un personnage dont on ne sait qui il est, médiateur ou auteur, montreur ou protagoniste de l'histoire, évolue dans un décor vide. Vide, non, ce décor est saturé des images que le texte ou le corps du comédien suggère. 
Brusquement apparu sur le plateau comme on tombe des cieux, le conteur, vêtu d'un très élégant et très classique costume (dans un camaïeu de roses)  enchaîne et enchâsse contes et poésies. Histoires d'amour entre une femme et un fils de dieu, un dieu et une mortelle, une mère et son fils (pardon deux mères et leur fils), histoire d'un dieu fatigué des demandes des hommes et les abandonnant ou rejetant un fils qui prend trop de place dans son couple. Comme une grande variation autour de "quand tu aimes, il faut partir" (le poème fait partie des textes dits au cours du spectacle). 
Le public, placé derrière le quatrième mur par le jeu des lumières, trouve vite sa place et s'amuse des gestes et des chansons ou des jeux de rythme, d'alternance d'humour et de dramatique. 
A la fin le propos se fait plus grave, sans perdre de sa qualité et de son pouvoir d'évocation. 
Bingo est conseillé à partir de 14 ans, je crois en effet qu'il faut avoir acquis un certain recul et un certain esprit critique pour pouvoir accéder à ces contes au second degré. Les adultes présents dans la salle ont tous apprécié une version un peu déconcertante du travail de Pascal Thétard. Comme quoi le conte parle aujourd'hui aussi aux adultes... 
A voir (attention il y a peu de dates prévues..., dommage)